FREDERIC LABBE CHAPUIS Businness,Afrique Transform Africa Summit 2025 : Ce que révèle Conakry sur l’avenir numérique de l’Afrique francophone

Transform Africa Summit 2025 : Ce que révèle Conakry sur l’avenir numérique de l’Afrique francophone

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Transform Africa Summit 2025 Conakry - Sommet de la transformation numérique en Afrique francophone

Du 12 au 14 novembre 2025, le Transform Africa Summit 2025 a transformé Conakry en épicentre de l’innovation technologique africaine. Pour la première fois de son histoire, ce sommet majeur de la transformation numérique se tenait en Afrique de l’Ouest francophone. Un signal fort que les entrepreneurs européens ne peuvent ignorer.

Après 25 ans d’accompagnement d’entreprises sur le continent, je peux vous l’affirmer : ce qui s’est joué en Guinée cette semaine dépasse largement le simple exercice de communication politique. Nous assistons à une reconfiguration profonde des priorités africaines.

Le Transform Africa Summit 2025 consacre l’Afrique francophone

Organisé par l’Alliance Smart Africa en partenariat avec le gouvernement guinéen, le Transform Africa Summit 2025 a réuni plus de 2 000 participants venus de 40 pays. Co-présidé par les présidents Mamadi Doumbouya et Paul Kagame, l’événement portait un thème sans ambiguïté : « L’IA pour l’Afrique : innover localement, impacter globalement ».

Ce positionnement n’est pas anodin. Il marque la volonté claire des 42 États membres de Smart Africa – représentant 2,2 milliards de personnes – de ne plus subir la révolution numérique, mais de la façonner selon leurs réalités.

Le choix de Conakry comme ville hôte envoie un message stratégique. La veille même de l’ouverture du sommet, la Guinée inaugurait le mégaprojet minier Simandou. Cette synchronisation illustre parfaitement la nouvelle doctrine africaine : conjuguer exploitation des ressources naturelles et souveraineté technologique.

Ce que les entreprises européennes doivent retenir

Des partenariats concrets, pas des déclarations d’intention

Le Transform Africa Summit 2025 s’est distingué par la signature d’accords opérationnels :

  • Accord Guinée-Rwanda pour le déploiement de TéLémo, plateforme nationale des marchés publics développée conjointement.
  • Partenariat Smart Africa-Visa pour accélérer la digitalisation des services publics et l’inclusion financière.
  • Accord Guinée-Sénégal pour l’interconnexion des infrastructures numériques.
  • Cadre de coopération sur l’IA responsable avec l’Allemagne et la Communauté de l’Afrique de l’Est.

Pour les entreprises européennes, ces partenariats créent un nouvel environnement. Les marchés publics se digitalisent. Les flux financiers se dématérialisent. Les standards s’harmonisent.

L’émergence d’infrastructures souveraines

La Guinée a profité du sommet pour présenter les piliers de sa souveraineté numérique :

  • Data Center Tier III de Koloma : hébergement local des données nationales
  • Projet GIGA : plus de 500 écoles désormais connectées
  • Technopôle national en cours de conception
  • Récupération du domaine .GN : affirmation de l’identité numérique nationale

Ces investissements traduisent une tendance de fond : les pays africains francophones construisent leurs propres capacités. Les entreprises européennes qui sauront accompagner cette montée en compétences – plutôt que de proposer des solutions clé en main – auront un avantage décisif.

Le programme Simandou 2040 : modèle de transformation intégrée

Le lancement du troisième pilier de Simandou 2040 mérite une attention particulière. Ce programme guinéen positionne le numérique comme moteur de compétitivité nationale sur 15 ans.

L’approche est holistique :

  • Renforcement des infrastructures numériques
  • Actualisation du cadre réglementaire
  • Refonte des services publics
  • Formation du capital humain

Pour les entreprises européennes, Simandou 2040 offre une visibilité rare. Les priorités sont clairement énoncées. Les secteurs d’intervention sont identifiés. Le calendrier est établi.

Smart Africa : une alliance qui change les règles du jeu

L’Alliance Smart Africa n’est plus une simple plateforme de concertation. Comme l’a souligné son directeur général Lacina Koné : « Nous sommes passés de la conversation à la coordination, et de l’ambition à l’action. »

Les initiatives concrètes se multiplient :

  • One Africa Network : interconnexion des réseaux africains
  • Smart Broadband 2025 : déploiement du haut débit
  • Smart Africa Digital Academy (SADA) : formation aux compétences numériques
  • Plateforme SANIA : réseau d’incubateurs et d’accélérateurs panafricain
  • Smart Africa Digital Health Leadership Network : santé numérique continentale

Ces programmes créent des standards communs. Pour les entreprises européennes, c’est une opportunité majeure : une solution validée dans un pays membre peut plus facilement s’étendre aux 41 autres.

Les opportunités concrètes pour les entrepreneurs européens

Secteur de la santé numérique

Le schéma directeur pour un Marché Unique Africain de la Santé Numérique a été validé lors du sommet. Les besoins sont immenses : interopérabilité des systèmes, formation des professionnels, déploiement d’équipements connectés.

Formation et compétences numériques

L’accord pour déployer SADA en Gambie illustre la demande croissante. Chaque pays membre cherche à structurer ses programmes de formation. Les entreprises européennes spécialisées en ed-tech et en formation professionnelle ont une carte à jouer.

Infrastructures et connectivité

Les objectifs de Smart Broadband 2025 créent un marché considérable pour les équipementiers, intégrateurs et opérateurs. La priorité aux solutions souveraines favorise les partenariats technologiques équilibrés.

Fintech et inclusion financière

Le partenariat avec Visa confirme l’accélération de la digitalisation des paiements. Les entreprises européennes de la fintech peuvent proposer des solutions de paiement, de KYC, d’anti-fraude adaptées aux spécificités africaines.

Mon analyse : ce qui change vraiment

En observant les dynamiques du Transform Africa Summit 2025, je relève trois évolutions majeures :

1. La fin du modèle « donneur-receveur »

Les pays africains veulent des partenaires, pas des prestataires. Les accords signés à Conakry privilégient les transferts de compétences et les co-développements. Les entreprises européennes qui arrivent avec des solutions fermées seront de plus en plus écartées.

2. L’accélération de l’intégration régionale

Les initiatives panafricaines de Smart Africa créent un marché unifié de facto. Les entrepreneurs européens doivent penser « continental » dès le départ, pas « pays par pays ».

3. La montée en puissance de la coopération Sud-Sud

L’accord Guinée-Rwanda sur TéLémo est emblématique. Les solutions africaines pour l’Afrique gagnent en crédibilité. Les entreprises européennes doivent apprendre à s’insérer dans ces écosystèmes, pas à les remplacer.

Comment se positionner ?

Pour les entreprises européennes qui souhaitent saisir les opportunités révélées par le Transform Africa Summit 2025, plusieurs approches s’imposent :

Identifier les bons interlocuteurs. Les ministères concernés sont désormais structurés, les agences spécialisées se multiplient. La connaissance des réseaux décisionnels devient critique.

Proposer des partenariats équilibrés. Les solutions en marque blanche, les joint-ventures, les accords de transfert de technologie seront privilégiés aux simples contrats commerciaux.

S’inscrire dans les programmes existants. SADA, SANIA, One Africa Network… Ces initiatives offrent des cadres structurés pour entrer sur le marché.

Respecter les temporalités locales. Les projets comme Simandou 2040 s’inscrivent sur 15 ans. La vision court-termiste est contre-productive.

Conclusion : l’Afrique francophone accélère

Le Transform Africa Summit 2025 marque un point d’inflexion. L’Afrique francophone n’est plus à la traîne de la transformation numérique continentale. Elle en devient un moteur.

Pour les entreprises européennes, et particulièrement françaises, cette évolution est une opportunité unique. Les liens linguistiques et historiques peuvent devenir des avantages compétitifs – à condition d’abandonner les postures du passé et d’adopter une approche véritablement partenariale.

La fenêtre est ouverte. Les cadres sont posés. Les investissements arrivent. Il appartient maintenant aux entrepreneurs européens de se positionner intelligemment sur ce marché en pleine structuration.

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Lire aussi : Marchés et opportunités 2026 en Afrique francophone

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